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16.06.2008
Ma vie est une sitcom
Burlesque. Une sitcom à l'italienne. Ri-di-cule!
Après un week-end déjanté où, dans l'ordre, j'ai:
1. fait ami ami avec des branchouilles télégéniques, dans un petit festival, au-delà du périf', en pays barbare: la banlieue,
2. bu des téquila-paf au milieu de financiers, à côté d'un roi du cuni, en pays barbare: le 15è,
3. promis au philosophe d'arrêter de boire, après être rentrée chez lui beurrée comme un p'tit Lu,
4. été mise à la porte sans trop de cérémonie le dimanche matin,
5. pris un café, transie de froid, en terrasse, l'air de rien, en faisant semblant de lire Le Monde, lunettes noires vissées sur le nez,
6. discuté cul avec mon Etoile, après sa nuit blanche passée avec compatriote du philosophe,
7. répondu à l'appel de détresse d'une autre amie qui venait de se faire plaquer par post-it alors qu'elle était partie faire les courses,
8. tapé une mission au fin fond de bouseux-land pour qu'elle explique au malotru que personne ne décidait à sa place,
9. passé 45 minutes, coincée sous un porche de petit-train, au milieu de nulle part, tentant de me protéger d'une tempète magistrale, avec le frère de Quasimodo,
10. mangé un flan qui avait le goût de frite...
etc.
Bref, aujourd'hui, je réitère et continue sur ma lancée.
Le philosophe part demain en son pays. Durée: 3 mois. Ok, j'étais au courant, c'était dans le deal. Problème: en partant, dimanche, je lui ai dit: "Ok. J'arrête de t'embêter. Si tu as envie de me voir, appelle moi." En clair et non crypté: "Si tu ne m'appelles pas avant ton départ, c'est fini."
Ce matin, je me lève. Pas la pêche, Creep tourne en boucle dans ma tête, pas beaucoup d'espoir... mais mon côté fleur-bleue me pousse à jeter négligemment ma brosse à dents au fond du sac à main. La journée passe. Pas d'appel. Bouffées d'angoisse incontrôlées en réunion toute l'après-midi. Incapable de formuler le moindre raisonnement. Mettre des mots: impossible. Je m'ecclipse régulièrement. Mon patron doit penser que j'ai une cistite.
Je fais de ma vie un enfer. Toute seule, comme une grande.
19h. La cloche a sonné. Je fonce dehors. Respirer. RES-PI-RER. Oui, j'ai compris dix minutes auparavant. J'ai compris. J'ai enfin vu tous les signes que j'occultais. Il va me quitter. Il ne me le dira pas ce soir. Il va attendre la semaine prochaine, me téléphoner 5 minutes et me dire qu'il n'y croit pas, que ça marche pas, qu'il a pas envie, trop de choses à faire, que c'est pas compatible, que je lui plais mais que c'est pas suffisant, qu'il me souhaite un tas de... conneries de merde de fuck de bordel de...! ENCORE! Ces putains de 2 mois, mais c'est pas possible, j'ai quoi? je le fais exprès ou quoi?
Bus.
Crise de chiale sur le quai du RER. Je cours rejoindre mon RV. Mon Etoile m'attend à Châtelet, ne sait pas que je suis au fond. Paranoïa chère à mon instinct, je sais que tu ne me trompes pas.
Bla-bla boulot. Je me suis calmée. Pas faim. Je prends une salade et aborde le sujet. Du mal à respirer, je me fais engueuler. Je le savais. Je demande un temps mort, une pause clope. Voilà, c'est reparti quelques minutes après. Crise de chiale assise sur le sol dans ses bras pour une vulgaire histoire de bite.
C'est bon, je vais y aller. Je vais aller le voir.
Alors, ce soir, j'ai déboulé chez lui. Coup de fil passé. Je lui demande audience 5 minutes. Là maintenant? Il a peu de temps, doit rendre un pull à une amie. Mon Etoile me talonne et s'ecclipse à l'entrée de la rue. Je grimpe les marches 4 à 4. Frappe à la porte. Pas de réponse. Musique africaine, voix féminine... merde, je me suis plantée d'étage. Je redescend. Frappe. L'absence de paillasson m'intrigue. Aurait-il décidé de repartir avec le paillasson? Pas de réponse. Je remonte, refrappe à cette porte d'où s'échappe des sons inconnus. Du bruit. Je me recule. Il ouvre, dit mon prénom l'air inquiet, demande ce qu'il se passe, m'invite à entrer. Je reste dans l'entrée, essoufflée. C'est rien, je me suis trompée d'étage. J'ai eu une grosse crise de parano. Je me suis dit que tu voulais me quitter alors je suis venue pour que tu me le dises.
Il me dit que non. Qu'il est désolé d'avoir été désagréable, mais que oui, il a pas aimé que j'arrive bourrée la dernière fois, qu'il comprends pas pourquoi alors que je devais le voir. Il tente de me rassurer. ça marche moyen. J'observe le reste de la pièce. Il m'explique qu'il a sa vie à faire, ses propres choix, qu'il ne veut plus la mettre de côté pour une nana. Ok, pas de problème. etc.
Bref, en y repensant maintenant, je me dis que je me suis fait enfler. Mais, au moins, j'aurais enfin dépassé ma réserve. Je viens de me mettre en position d'infériorité. Un mouvement amorçé depuis une semaine. Allez, hop! Voilà, j'ai fait n'importe quoi, suivi mes instincts, je reste lucide sur l'avenir bien pourri de cette relation, mais au moins je l'aurai vécu mon mélo, moi la reine des glaces.
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